Dans sa "Notice historique sur Châtenois" (1888), Julien Bastien, alors instituteur du village, écrit que "le château et le comté de Châtenois remonteraient au moins à [l'an] 950".
Pour l'affirmer, il s'appuie sur des "ouvrages ou documents qu'il a eu entre les mains" (sans préciser lesquels), affirmant que "[...]notre localité faisait partie de la Haute Lorraine ou Mosellane , que les ancêtres de Gérard d'Alsace étaient ducs de ce pays et résidaient à Longcastre ou Longwy, laissaient aux cadets pour apanage le comté de Castinach ou Châtenois, avec le château pour résidence".
Lors des "Journées d'études vosgiennes" qui se sont tenues à Châtenois les 27, 28 et 29 octobre 2006, Gérard GIULIATO a émis l'hypothèse selon laquelle le château fut construit plutôt vers 1070.
Il existe fort peu de documents permettant d'imaginer à quoi ressemblait ce château fort. Julien Bastien écrit ceci :
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Peu de choses sont rapportées, quant à l'histoire propre de la forteresse. Julien BASTIEN écrit qu'il "faut bien admettre que le château de Châtenois a réuni plus d'une fois nombre de fidèles guerriers, au sujet des expéditions préparées contre les vassaux rebelles, et à l'occasion de fêtes données à leur retour et des réceptions faites en diverses circonstances". Le duc Mathieu 1er (1136-1179) fit de Nancy la résidence des ducs de Lorraine, et le château "resta la demeure des châtelains qui furent en quelque sorte les intendants des propriétaires ou viagers de la châtellenie". Un simple rendez-vous de chasse... jusqu'à la guerre de Trente Ans.
Avant son annexion à la France, en 1766, la Lorraine subit longtemps les influences conflictuelles de la France, du Saint Empire Germanique, et du duché de Bourgogne; bien que Charles Quint l'ai déclarée "état libre et non incorporable" (1532).Pendant la guerre de Trente Ans (qui commence en 1618 par la défenestration de Prague), le duché de Lorraine allait subir les conséquences des choix politiques des ducs de Lorraine; en effet, J. Bastien nous rappelle que ceux-ci, "dont les ancêtres s'étaient alliés à des princesses autrichiennes, avaient plus de sympathie pour l'Autriche, pendant la guerre de Trente Ans contre Richelieu.
C'est l'époque du premier siège de la Mothe (voir également, à propos de La Mothe, ce très beau site)par les français, du ralliement des fédérés lorrains au chêne des partisans, de la soumission de la Lorraine par Richelieu sous Louis XIII. La tentative du duc pour la reprendre mis le comble à la haine des ennemis de la Lorraine (1634). Les ravages et les massacres exercés par les français et leurs alliés suédois, allemands, croates, et surtout par les troupes sanguinaires du duc de Weimar, qui n'épargnaient guère que les femmes et les enfants , une famine qui porta le prix du résal de blé de quinze à soixante livres, une peste affreuse dépeuplèrent et ruinèrent la Lorraine. Le château de Removille fut détruit par les suédois, Balléville conserva des traces de leur passage. Châtenois ne fut pas épargné".Le prince de Condé, le 10 mai 1634, ordonne "de faire démolir promptement et de fond en comble et jusqu'aux fondements les murailles, portes et portaux des villes et châteaux de Neufchâteau et Châtenois en sorte qu'il n'y restât pierre sur pierre, et aux dépens des habitants des dits lieux et prévôtés".(J. BASTIEN).
Malgré le manque d'informations, au début du vingtième siècle, et grâce aux efforts de l'abbé Tresse, alors curé de Châtenois, un plan et une élévation du château furent dessinés et publiés dans le bulletin paroissial, en 1932. Voici ces images, telles que les réalisa M. Pierre Dié MALET, iconographe résidant à Nancy ; bien que leur auteur s'en défende, elles correspondent, aux yeux des spécialistes de l'architecture médiévale, à une vision assez "romantique", probablement éloignée de la réalité :
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TENTATIVE de RECONSTITUTION - 2
Après lecture d'un certain nombre publications et ouvrages sur les forteresses médiévales -et sans vouloir rivaliser avec les spécialistes du domaine- je me suis demandé à quoi pouvait ressembler ce château disparu... A partir du plan mentionné ci-dessus, et avec un peu de logiciel d'infographie, on peut obtenir cette image (je suis loin d'avoir terminé ce travail, aussi certaines tours sont-elles encore "découronnées", et le terrain alentour dans un état assez... surprenant !) :
Toutefois, si l'on compare cette image avec celle ci-dessous, qui représente le château du comte de Vaudémont (sur la célèbre colline de SION), disparu lui aussi, image
que j'emprunte au site de Michel JACQUOT, (ce dessin , m'a-t-il dit, serait de la main d'un certain Jean GALLIOT ), je suis frappé par l'extrême similitude de plan des deux forteresses : même éperon barré, même partie "seigneuriale" avec le donjon (à Sion : la tour dite de Brunehaut), poterne placée sur le même côté, sortie principale de l'enceinte au même endroit... Est-ce que le château d'un duc, même s'il habitait Nancy, pouvait être moins imposant que celui d'un comte ? Possible... mais j'ai un peu de mal à le croire !